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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 16:13

 Un patrimoine naturel extrêmement fragile tout au nord de la Bretagne pour illustrer la suggestion thématique de cette semaine: Photos_bretagne_fevrier2009-048.jpg
                jeux de cailloux et pierres
 
  Le SILLON DE TAL-BERG(en français, de Talbert) phénomène géomorphologique, est édifié par les courants opposés des fleuves Jaudy et Trieux au bout de la presqu'île Sauvage près de Lézardieux dans les Côtes-d'Armor. Les flots jouent depuis une éternité à construire cette mince et étroite courbe instable faite de sable et de galets.
  Sur trois kilomètres environ, s'étire une étroite langue de galets créant une voie qui permet de marcher sur l'eau... C'est du moins l'impression que l'on ressent: l'eau lèche les grèves à l'est et à l'ouest et à l'extrémité nord, c'est l'immensité de la mer qui s'ouvre devant soi. Mais il faut mériter cette vue : l'avance est chaotique, les pierres roulent sous les pieds, le vent s'acharne contre le minuscule piéton.
   Eco-système en péril, il est devenu un site touristique très protégé.
 
    
   La tentation est grande de se baisser et de ramener en souvenir de cette équipée un galet.  Bien poli par des siècles d'érosion marine, échoué ici dans ce lieu incroyable, il attire comme un trésor. Mais stop! interdit de le prendre, de modifier cet équilibre car il est un dérisoire mais néanmoins  indispensable élément  de ce chantier naturel en constante élaboration.
 Tout humides, parfois à peine gros comme des perles, décorés d'algues multicolores, les galets  constituent aussi  une harmonieuse  palette.  Photos_bretagne_fevrier2009-051.jpg

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : échappées belles - Communauté : Week-end du petit patrimoine
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 23:27

 Jill Bill nous a laissé le champ libre cette semaine de poésie.

  Alors je choisis de m'embarquer dans une aventure inouïe à bord du " Bateau ivre" en écoutant le tout début du récit de son périple sous la plume d'Arthur Rimbaud.
 

              
  
 

        LE BATEAU IVRE

   Comme je descendais des Fleuves impassibles, 

   Je ne me sentis plus guidé par les hâleurs:
   Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible
   Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

   J'étais insoucieux de tous les équipages,
   Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
   Quand avec mes hâleurs ont fini ces tapages,
   Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
 
   Dans les clapotements furieux des marées,
   Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants      
   Je courus! Et les Péninsules démarrées
   N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

   La tempête a béni mes éveils maritimes,
   Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
   Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,                        bateau ivre
   Dix nuits , sans regretter l'oeil niais des falots!
 
   Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
   L'eau verte pénétra ma coque de sapin
   Et des taches de vin bleu et de vomissures
   Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

   Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
   De la Mer(...)

              ARTHUR RIMBAUD
                    (Poésies-1870-1871)
  

 
  
   

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 20:01

 
 KALINKA

 Un Noël inoubliable, elle est entrée dans ma vie d'enfant.

 Devant mes yeux écarquillés d'émerveillement,
 Un  sapin gigantesque  chatouillait un plafond  à caissons décorés
 Etincelant de mille boules colorées, de guirlandes.
 Généreux, magnifique, il déversait
 Un flot de cadeaux enrubannés destinés aux enfants des employés.

 J'avais reçu le mien : cadeau sage "commandé" par maman.

 C'était bien, dans l'ordre des choses: une "travailleuse"...
 
 J'attendais sagement le goûter dont les autres disaient merveille.
 
 Une voix s'éleva: un super cadeau allait être tiré au sort.
 Le silence se fit: chacun retenait son souffle.
 ELLE fut exhibée à bout de bras: Superbe! du jamais vu.
 J'en tremblais de désir, guettais le geste  qui dépliait le papier
 Et ô merveille, j'entendis mon nom.

 De stupéfaction, je ne bougeais pas, ne répondais pas.
 "Mademoiselle ... n'est pas là?
  _Si! c'est moi!"
 Il allait replonger la main dans le sac!.
 Je bondis et serrais le paquet que l'on me tendait.

 ELLE me souriait, boucles brunes et teint clair.
 Poupée dormeuse et comble du luxe, marcheuse,
 Elle avançait gracieusement en tournant la tête:
 Il suffisait de la guider en la soutenant sous les bras. 
 Et coquette avec ça, vêtue à la dernière mode...

 La serrant  contre moi, je lui donnais son nom: Kalinka.

 Drôle d'idée: j'ignore encore pourquoi...
 J'avais huit ans.
 
 Elle ne m'a pas encore quittée,  ma poupée Kalinka.
 
  Elle venait de si loin, du pays des  rêves d'enfant
  Que je la garde près de moi et en moi à jamais.

           MdP (17-05-2012)
 
 Le thème a été proposé par Jeanne , du blog "Fa-Do-Si"

 

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : créations littéraires - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 13:26

L-envers-des-autres.jpg Alger, au début du XXIéme siécle.
 Alger, perçue à travers le prisme du quotidien et de l'intimité de ses habitants du centre-ville.
 Une vision sombre, violente, désespérée derrière les murs de la ville blanche de lumière: l'envers d'Alger.
  Quelle ville! Elle ne cesse de vomir et de hurler, de bondir et de se soulever. Qui a bien pu créer une ville pareille? Certainement un homme qui n'aime ni les couleurs, ni le blanc, ni le noir .

 " L'envers des autres" surtout, maquillés à outrance pour cacher leur vérité.
 
   Dans ce  roman très court (une petite centaine de pages), une polyphonie de voix dont les propos se complètent pour former un tableau saisissant de la souffrance en douze chapitres dont l'épilogue.  Chacun d'eux porte le nom d'un personnage : Adel, Kamel,Sarah, Yasmine, Mouna, Tarek, Adel, Hadj Youssef, Yasmine, La mère, Hamza. Ils partagent appartement, immeuble, faculté ou rue. Tous les âges sont représentés dans ce huis-clos oppressant de la ville d'Alger. Aucun espace de liberté où chacun doit jouer le rôle qui lui est assigné sous peine d'exclusion ou de violences.

  Deux, particulièrement, attirent et attisent l'intérêt ou l'incompréhension des autres par leur jeune beauté et leur singularité de caractère et de comportement. Adel et Yasmine, frère et soeur, agacent les autres de la famille et du quartier: ils sont épiés, leurs faits et gestes sont commentés, critiqués. Il ne fait pas bon, dans une société engoncée dans ses principes , ses rancoeurs et ses rêves avortés d'oser être simplement soi-même comme Adel qui aime les nuances, les exceptions, les complexités. Ils n'ont plus l'innocence de leur enfance où ils s'aimaient, se parlaient : désormais , ils vivent chacun dans le secret de leur sensibilité écorchée.  Ils n'en peuvent plus , se sentent étrangers, regardent eux aussi autour d'eux et ne trouvent pas leur place, ni affective, ni sociale. Mais ils ne sont pas les seuls.

  On étouffe dans la ville close prisonnière de son histoire. La révolte intérieure est matée par le silence et l'acceptation douloureuse de son sort, à l'image de cette jeune femme, Sarah soeur ainée d'Adel, otage de son mari devenu fou. Mais elle est  considérée, elle, comme folle parce qu'elle survit en peignant inlassablement. Sa vie est un enfer peuplé de cris et de cauchemars: J'entends Hamza gémir, ricaner, crier, parler, gémir. Il m'effraie. j'ai peur, peur de ce qu'il y a dans sa tête, de ses paroles de fou, de ses yeux qui me suivent constamment, de cette présence qui vit avec moi depuis des années.
 "Obligé", "forcément" deviennent les maîtres mots de toute attitude. La haine, la lubricité, l'ostracisme, l'incompréhension, la honte, les silences tendus, les tentations destructrices trouvent ici un terreau favorable.
  Comment prendre son envol dans un contexte aussi délétère, aveuglé et archaïque? Insupportables , hérissantes lamentations de cette mère sur ses propres enfants qui aspirent à être simplement eux-mêmes, vrais et qu'elle ne comprend pas:Mes enfants sont des imbéciles. Des demeurés. Des inconscients(..) Le pire, c'est qu'ils sont de moi. Tous les trois sont de moi. Tous les trois(..) J'ai vérifié. Deux fois.
  Aucun de ses hommes et femmes en souffrance ne se rencontrent, ne bâtissent quelque chose ensemble. Trop tôt encore sans doute: les sursauts de révolte, en particulier des femmes du roman, sont contenus, brimés et les hommes trop sensibles ne  survivent pas.


  Sur cette projection romanesque mais lucide de la société algérienne tiraillée entre des aspirations antagonistes, une petite lumière danse: celle de Mouna, la petite fille insouciante, heureuse de ses ballerines bleues toutes neuves qui apparaît symboliquement au milieu du roman. Elle chante et danse dans la cour de récréation sans prêter attention aux rires de ses camarades.  C'est elle qui dit "j'ai décidé, je veux, peu m'importe. " A mes yeux, elle incarne la libération de la femme  en devenir, l'espérance d'une existence pleinement choisie.

 Donc, un premier roman percutant à l'écriture efficace que j'ai vraiment apprécié.

 Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi a fait ses études en algérie avant de venir à Paris où elle vit maintenant. Primée pour ses nouvelles en 2006 et 2008, elle est l'invitée de Littératures Métisses  à Angoulême  à l'occasion de la 37ème édition du Festival de Musiques Métisses du 25 au 27 mai.

 Roman publié chez Actes -Sud en mai 2011. ISBN: 978-2-7427-9725-7.
 
                                          Je propose ce livre dans le challenge" Premier roman Defi-PR1 "
  
  proposé chez Anne:http://desmotsetdesnotes.over-blog.com/

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : La littérature au féminin
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 15:50

   Une journée exceptionnelle pour ce 10 mai, pour mes quatre ans de chat.

  Dehors, une température de dessous de couette à donner la fièvre: 30 degrés! J'avais oublié ce bonheur. C'est le plus beau des cadeaux!
  
  Je me suis senti une âme d'explorateur et suis parti dès potron-minet en expédition de reconnaissance à travers les jardins devenus "ma" jungle secrète. J'y ai trouvé ce que je cherchais mais je ne me trahirai pas. C'est une histoire entre moi et moi.
  Vers midi, retour au camp de base pour un déjeuner fait d'une pâté inédite de chair de ...? au goût exquis. Nouvelle sortie , direction les élanthes odorants.
  Fil-de-soie-002.JPG
  Une petite sieste au coeur de ma forêt, l'oreille attentive seulement au bruissement des feuillages denses et au trotte -menu des fourmis. Les autres, les oiseaux et les souris dorment aussi. Rien ne presse. La paix...
   Un petit digestif à portée de canines bien tendre et bien vert  à machouiller: le paradis!
 Fil-de-soie-001.JPG
   Les yeux mi-clos, je laisse passer le temps de mes quatre ans en tissant le fil de soie de ma petite vie de chat.

  

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : les aventures extraordinaires de Fil de Soie - Communauté : Ma langue aux CHATS
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