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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 08:30

 

 Sur la proposition de Lénaïg, j'ai choisi pour illustrer le thème "chansons", le poème de Louis Aragon, mis en musique et chanté par Jean Ferrat:
                 QUE SERAIS-JE SANS TOI?
  Cette poésie magnifique et cette chanson, je  les ai découvertes et chantées pour la première fois il y a quarante deux ans et pour moi, elles n'ont pas vieilli.
  A les entendre, à les dire, je frémis toujours.
 

    
Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : notes de musique - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 19:40

   Vittachi

Suivre une enquête policière palpitante à Shanghai avec le maître de fengshui, Wong, flanqué de son assistante Joyce,"l' européenne", c'est aussi l'occasion de découvrir  la ville, ses quartiers, sa vie grouillante, son fleuve Huangpu, ses bâtiments officiels, ses commerçants, ses fonctionnaires,  ses artères , ses modes de vie, sa gastronomie...
     
 
      Maître Wong et Joyce doivent quitter précipitamment leurs bureaux pourtant choisis pour leur bon fengshui (!..) Les démolisseurs sont à l'oeuvre sur ordre venu "d'en haut". Qu'à cela ne tienne!... Ils partent chacun de leur côté avant de périr sous les décombres.  Wong est  invité à un dîner d' exception pour goûter au menu le plus excitant de Chine proposé à  des adeptes du frais à outrance par un chef français. Wong a choisi le lieu  en sa qualité d'expert en fengshui et doit toucher une somme exorbitante pour ses travaux .
  Joyce,elle, rejoint son petit groupe d'amis à un restaurant végétarien dirigé par une vétérinaire Linyao: elles doivent  confectionner des repas rigoureusement végétaliens pour d' étranges  congressistes dont le chef est Véga et le but officiel, le bien-être des animaux en Chine.
    L'histoire se corse quand, au même moment, la fille de Linyao est enlevée et que ses ravisseurs exigent d'elle, en échange de son enfant, son badge qui permet d'accéder aux écuries municipales de Shangai. S'engage alors un jeu de piste pour retrouver l'enfant. Sinha, voyant et ami de Wong l'assiste et par un jeu d'observations et de déductions sidérantes de logique parviennent à leurs fins, retrouvent le local des ravisseurs.
    Pendant ce temps, une attaque d' une rare violence a lieu au cours du banquet. Maître Wong et Joyce, venue l'avertir d'un danger imminent en rapport avec le rapt, deviennent otages- prisonniers,  promis à des morts atroces et  "exemplaires".
    Ils en apprennent assez pour comprendre qu'un complot vise à assassiner les présidents chinois et américain lors du gala donné dans quelques heures à peine  au Grand Théâtre de Shangai, celui qui ressemble à un bol tenu vers les cieux.
Ils parviennent à s'évader et débute une autre folle équipée, haletante, rythmée par le compte à rebours . C'est rocambolesque en diable, inventif, sans temps mort.
    Ils se retrouvent à six, conjuguant leurs efforts physiques, faisant fonctionner leurs neurones en surpuissance, poursuivis par les deux polices secrètes sur le pied de guerre et trimballant un éléphant blanc moribond qui porte dans ses entrailles une bombe capable de changer la face du monde. Ils tombent au milieu d'un gigantesque embouteillage qui entrave leur progression. La ville est complètement paralysée et pourtant, il faut évacuer la bête loin de la ville si l'on veut éviter un massacre. Heureusement le maître de fengshui est là et surtout le solide bon sens de l'ami déménageur de Joyce... et aussi...mais je ne veux pas trop en dire!

   L'histoire ne peut que se terminer sans trop de dégâts puisque Historiquement, il n'y a pas eu d'assassinat de présidents à Shangai...L'intérêt est tout entier dans  cette traversée de la ville.
  Le lecteur est entraîné dans un road-movie haletant. Les révélations  sur les systèmes politiques, policiers et terroristes sont présentées avec un éclairage inédit et un  humour décapant. La satire s'exerce avec efficacité et on ne s'ennuie jamais à suivre les péripéties de cette histoire en compagnie de plusieurs groupes de choc fort éclectiques issus  des cinq continents et  acculés au problème du temps qui s'écoule inexorablement...

   Dooley recula d'un pas et leva le bras droit. Quatre agents derrière lui sortirent leur arme et la braquèrent sur la Chinoise.
 Les sourcils de l'agent des Services Secrets s'élevèrent. Qu'est-ce-que c'était que cette histoire ? Une jeune routarde occidentale droguée qui évoquait vaguement la menace d'une bombe n'avit aucun poids-mais un authentique aveu de la part d'une chinoise bilingue d'une trentaine d'années, calme, visiblement intelligente: voilà qui nécessitait d'être pris au sérieux.
  "Alors là, on ne rigole plus, dit-il. je veux que vous sachiez quelque chose , Mesdames. Bien sûr, poser une bombe quelque part est un crime majeur. Mais rien que prétendre l'avoir fait, est également une offense de taille , selon moi, que ce soit vrai ou faux. Capisce? Vous dépassez les bornes."

    Comment vont-ils sauver leur peau, sauver l'équilibre du monde, rester fidèles à leur idéal avec une bombe nichée dans un éléphant sur le point d'exploser? Et il est impossible de laisser mourir l'éléphant blanc!

  Non, c'était la mort de l'éléphant qui provoquerait l'éruption d'une montagne de mauvais karmas aux proportions incalculables. En matière de karma, la taille comptait. Tuer une bactérie n'était rien. Tuer un oiseau ou un animal de taille moyenne, à moins que ce ne fût pour se nourrir, n'était pas formidable. Tuer un éléphant serait terrible. Et un éléphant blanc! Un symbole de longévité. De perfection. De royauté. Tuer un éléphant blanc après l'avertissement qu'il avait reçu le matin précédent- ce n'était pas envisageable.

        Le roman pourrait être la base d'un fort bon scénario pour un film d'aventures sur fond géopolitique et sociologique. Il respecte la règle des trois unités de la tragédie classique: unité de temps ( quelques heures); unité de lieu : un huis-clos (la ville -prison); unité d'action ( la bombe, éclatera ou éclatera pas?) et la tension dramatique ne fléchit pas un instant.

 Pour ma part, j'ai aimé, outre l'intrigue, cette immersion dans le Shangai moderne aux prises avec ses contradictions entre ses traditions séculaires, la philosophie chinoise classique, sa modernité  et son gigantisme. Les personnages ont des caractères bien trempés, le choc des cultures est réjouissant et instructif, balaie des idées reçues.
   Cerise sur le gâteau, les anecdotes de la Chine antique rédigées par Wong ouvrent certains chapitres et éclairent ironiquement l'agitation du récit  romanesque.

 Tout le système dynamique de la narration pourrait être celui-ci:
 Mais que se passe-t-il lorsque l'énergie yang atteint sa limite extrême? Il devient tranquillité. La tranquillité s'accroît. Mais que se passe-t-il lorsque la tranquillité atteint sa limite extrême? Elle devient activité. Ainsi le yang se transforme en yin , et le yin en yang. Chacun est la racine de l'autre.

 Editions PICQUIER poche (2007) 434 pages.                                       ChallengeDragonEau
  ISBN: 978-2-87730-946-2
  Traduit par Cécile Leclère.

 Ce roman est le premier lu pour le challenge " Dragon d'eau 2012" proposé par Catherine du blog" laculturesepartage.over-blog.com"

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : partageons nos lectures
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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 13:34

 De l'eau qui sourd et qui court en dépit des froidures, une tradition  et un lieu plein de charme niché au creux du village: la fontaine légendaire de Ronsenac.

     Cette fontaine est la source du ruisseau qui donne son nom au village, le Ronsenac qui serpente à travers champs avant de rejoindre la Lizonne , affluent du fleuve Charente.
                         DSC03260                  
   La fontaine aménagée a servi longtemps de lavoir. La plus grande sécheresse ne l'a jamais tarie et depuis toujours on vient chercher son eau pure et fraîche. Il paraîtrait qu'elle a des vertus  contre certains maux mais elle n'est rattachée à aucun culte de saint.
     DSC03261.JPG

   À l'endroit où jaillit la source un puits maçonné peu profond est à l'origine de bien des légendes.

  La plus répandue et toujours active consiste à dire que les personnes en mal d'amour  doivent lancer une pièce de monnaie dans le cercle du puits en formulant leur souhait. Si elle y tombe, ils trouveront à se marier dans l'année. Mais la pièce doit avoir été  lancée de dos pour que toutes les chances de réalisation du voeu soient réunies...
  Les enfants du village se chargent régulièrement du "nettoyage" du bassin et du puits: il ne faudrait pas risquer de boucher la source par les pièces qui s'y accumulent!... 

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : plaisirs des yeux - Communauté : Week-end du petit patrimoine
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 14:33

 Pour ce jeudi, le thème proposé par Lénaïg ( leblogdelenaig.over-blog.com) est "les oiseaux", j'ai choisi l'oiseau de la paix, la colombe blanche.

 Voici "La colombe poignardée et le jet d'eau", un poème extrait du recueil CALLIGRAMMES de Guillaume Apollinaire dont le sous-titre est "Poèmes de la paix et de la guerre"
 Alors qu'il est sur le front en 1918, Guillaume expérimente une écriture nouvelle en jouant avec l'espace de la page. Le calligramme (néologisme  d'Apollinaire formé sur calligraphie et idéogramme) permet que le poème sur l'objet devienne poème-objet.
L'écriture elle -même de facture classique pourrait se présenter de manière traditionnelle avec vers, rimes et strophes mais les mots renforcent leur poésie par celle du dessin.

 Ici, la colombe aux ailes déployées, symbole universel de la paix et de l'amour, est poignardée et devient la messagère des amours ( Annie Playden, Marie Laurencin...) et des amis perdus qui tracent les lignes du jet d'eau (Braque, Max Jacob, Derain et les autres "dont les noms se mélancolisent")
 Le jet d'eau égrène les désastres de la guerre et symbolise les pleurs.

  poesie calligramme

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 15:57

    J'ai craqué, j'ai succombé à la tentation...à une délicieuse tentation...
 
   Dimanche vers midi: un timide rayon de soleil glacé dorait ma terrasse favorite, les petits monstres me fatiguaient à la maison, Ils étaient occupés, je n'existais plus... Alors je suis sorti faire mon petit tour  dans l'intention d'inspecter le jardin encore tout enneigé à part quelques petits ronds gratouillés par les oiseaux. Les choses se présentaient bien pour moi, je me distrayais : j' avançais avec mille précautions vers un merle qui ne m'avait pas entendu arriver et picorait des grains de je ne sais quoi qu'Elle avait jetés tout exprès pour les bestioles affamées. J'étais à deux pattes de l'atteindre quand un bruit de porte s'ouvrant fit s'envoler ma proie avec laquelle je comptais bien m'amuser un petit moment...C'était Elle. Elle tenait des petits pots en équilibre sur un plateau et médusé, je la vis poser celui-ci sur la table d'été en plein sud et recouvrir le tout d'un autre plateau. Quel tour préparait-Elle? Elle disparut aussi vite qu'elle était venue, pressée de regagner le chaud.
J' ai trouvé ça  bizarre...encore à manger pour les volatiles alors qu'elle n'a  pas voulu me servir il y a quelques minutes en prétextant je ne sais quel horaire à respecter! Et servis à table, en plus!
     Mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai bondi avec ma souplesse légendaire pour arriver pile à côté de la chose . Alors là, j'ai senti..., j'ai humé...un truc , un truc spécial  que j'ai reconnu immédiatement. Une montée de salive  et d'adrénaline impossible à contrôler!  D'une patte  assurée, j'ai  fait basculer légèrement le plateau-couvercle-protection dérisoire et j'ai découvert un délice longtemps convoité.
De ma petite et délicate langue rose, j'ai attaqué la surface du premier. Brûlante! alors j'ai essayé celui d'à côté, pareil !... puis l'autre et l'autre... pareil!... Je n'ai pas compté...Gourmandise d'enfer, je t'aurai quand même!

     Le froid vint rapidement à mon aide et une douce tiédeur chocolatée chatouilla enfin  mon gosier...jusqu'à satiété...puis je disparus du décor sans attendre Son retour.


  DSC03251.JPGDe ma cachette, j'entendis pourtant Son exclamation mi- indignée, mi-rieuse: ça alors!!!...incroyable!!!. Rassuré et satisfait, je ne  rentrai qu' à la nuit tombée...
 
 Voilà ce que j'appelle un dimanche réussi: privé de déjeuner, mais pas de dessert!
 Ce matin , j'avais un peu la colique, mais peu importe...

   

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : les aventures extraordinaires de Fil de Soie - Communauté : Ma langue aux CHATS
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