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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 19:30

 Voilà, c'est fait depuis quelques jours: je me suis inscrite au challenge DRAGON 2012 initié par Catherine du blog "la culture se partage" (http://laculturesepartage.over-blog.com). Ce challenge est centré sur L'Asie.
 Voici le lien avec le réglement et les catégories proposées:
link

 
                     La proposition est tentante et je me suis inscrite pour la catégorie2: le "Dragon d'eau" ChallengeDragonEau.jpg   (3 livres d'un auteur des pays concernés et deux articles sur d'autres thèmes en un an)

 1-  La lune perdue (album)  Taïwan                       

 2-Ma Jian: "Nouilles chinoises" Chine (nouvelles)

                         3- Nury Vittachi:"Shanghai fengshui"  roman (Hong Kong)                    










Thème 1: musique KOKIA (Japon)
                                                          Thème 2:Le jeu des fleurs Hanafuda (Japon)
                              Thème 3: Tibet: Le pélerinage impossible

 

 

 

 

                         et pour la catégorie 4 : Spéciale Dragon...(3 articles au moins sur les dragons)
 1- Charles à l'école des Dragons (Seuil Jeunesse)
 2-?
 3- ?
 Des pistes de lecture donc, mais la liste n'est pas immuable, ce ne sont que des projets. D'ici la fin de l'année du Dragon d'eau, j'aurais le temps de trouver d'autres pépites ...
 
 Merci à Catherine pour son initiative.
ChallengeDragonSpecial

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : Défis et Jeux Littéraires - Communauté : partageons nos lectures
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 16:23

   Stabat-mater-Scarpa.jpg En 1703, Cecilia est pensionnaire depuis seize ans de l'Hospice de la Pietá  de la République de Venise. Âgée de deux ou trois jours , elle a été déposée dans le tour de l'orphelinat tenu par les religieuses, sans nom, sans signe distinctif autre que- elle le découvrira une fois adolescente- une moitié de rose des vents de papier. Deux morceaux incomplets. Chacun tend vers la moitié manquante, on sent le manque, le désir, la haine.

   De tempérament farouche et solitaire,(Existe-t-il au monde une personne moins seule que moi? (..) Je suis un métal chauffé à blanc qu'on a plongé dans l'eau, ma solitude est en acier), elle vit surtout dans son imaginaire. Il est peuplé de créatures cauchemardesques et familières: une "tête aux cheveux de serpents" qui lui a promis de rester près d'elle dialogue avec elle. Cette créature est, sans aucun doute, l'allégorie de la mort qui l'attire vers le néant.   Insomniaque , elle échappe depuis toujours à la vigilance et la nuit va se cacher en haut d'un escalier . Ici, elle écrit à sa mère, inlassablement:
  Madame Mère,je vous écris dans le noir, sans chandelle, sans lumière, sur la table de mes genoux (..)Dans ces mots, toutes les nuits , je viens vous rendre visite. Vous ne me voyez pas , mais mes yeux grands ouverts vous regardent.
 Madame mère, y êtes-vous? Existez-vous en quelque lieu? Êtes-vous encore vivante? L'avez-vous été ? Est-ce à un fantôme que j'écris?
 J'examine le mot maman, l'examine encore, le récris pour le comprendre, l'étends, l'étire de tous les côtés jusqu'à le déchirer, maman. Je n'ai pas d'autre moyen de vous comprendre.
  Elle lui confie son initiation douloureuse et traumatisante des mystères de la vie et de l'enfantement, ses réflexions sur la maternité. Vous n'avez pas accouché de moi en m'expulsant de votre corps , mais en m'introduisant dans cet édifice.
   Une institution qui assure essentiellement  la formation musicale de celles qui ont le plus de dispositions pour le chant, l'instrument, l'harmonie. Très douée, Cecilia excelle au violon et fait partie de l'orchestre qui se produit régulièrement dans l'église, dans les tribunes, à plusieurs mètres de l'assistance venue  écouter.  Les musiciennes sont invisibles au public. Nous sommes des fantômes qui soufflent une vie impalpable(...) Nous diffusons de la beauté: l'artifice de la musique masque notre affliction.
   Pour elles, des maîtres de musique composent de la musique sacrée : longtemps ce sera don Giulio dont la créativité s'épuise avec l'âge . Il est remplacé par un drôle de prêtre roux don Antonio, maître de violon et de composition. Il écrit des oeuvres spécialement pour les pensionnaires. Ses morceaux secouent la torpeur du couvent, enflamment les musiciens et ravissent le public. Ses méthodes sont novatrices, il fait confiance à l'originalité de Cecilia, l'initie par le biais de sa musique aux beautés du monde sensible, recrée les Saisons et leurs couleurs par le jeu des sonorités, oblige les jeunes filles à se surpasser, imaginer le "dehors" qu'elles  ignorent.
 Nous donnons à croire que nos violons sont autre chose, des paysages, des animaux, des bruits, et  même d'autres instruments, et même d'autres violons molestés par des paysans en goguette qui en jouent mal et les font grincer en sautant d'un pied sur l'autre.
  Nous sommes la tempête, la bourrasque se déchaîne, nous dévastons, nous pulvérisons le beau temps!

    Vivre par la musique une heure, en jouant corps et âme(...) vivre en une heure tout ce qui peut arriver à un être humain, Cecilia  découvre cette volupté. Vivaldi plaît, l'argent afflue, les portes  de la célébrité s'entrouvent et Antonio voudrait garder Cecilia près de lui, lui écrit un oratorio mais la jeune fille le fuit, s'échappe pour vivre enfin ce que la musique lui a révélé: la passion.

  J'ai beaucoup aimé ce roman. Après avoir un moment été dérangée par le parti- pris narratif (dialogues intérieurs, ruptures du récit, répétitions, lenteurs, scènes hyper-réalistes ou subtilités intellectuelles ou musicales), je me suis laissé entraîner à écouter cette parole.  J'ai en définitive lu le livre comme une partition de concerto avec ses tempos et ses changements de rythme, ses solos magnifiques. J'y ai trouvé de l'émotion, de la sensibilité, j'ai frémi au destin de cette orpheline de fiction envahie par le démon de la musique, j'ai cotoyé avec plaisir le mythique Vivaldi ressuscité dans sa fougue de jeunesse et vibré à ces concerts , même à ceux qui n'ont eu lieu que dans la tête.
 Mon corps est silencieux, mais mon esprit dans mon corps résonne...

 Tiziano Scarpa  a reçu le prestigieux prix STREGA pour ce roman écrit pour célébrer le génie de Vivaldi auquel il voue une très grande admiration. Il avoue à la fin du livre des anachronismes volontaires, comme celui des concertos des  Saisons, qui n'ont pas été écrits à ce moment de sa vie mais cette liberté enrichit la fiction romanesque de l'impact sensible qu'elle provoque chez le lecteur  familiarisé à cette oeuvre.
  Il avait d'abord choisi un titre en rapport avec les oeuvres de Vivaldi mais le" Stabat Mater" qu'il lui préfère, oeuvre aussi de Vivaldi, met en relief, selon moi, la part romanesque dévolue à la souffrance sacrée de la mère qui doit abandonner son enfant et à celle de l'enfant séparé(e) de sa mère. Le roman gagne ainsi une intériorité plus forte, résonne en chacun.

 
 Ce court  roman de 136 pages  a été écrit en 2008, traduit de l'italien par Dominique Vittoz en 2011 et publié aux éditions Christian Bourgois ( ISBN: 978-2-267-02152-3)

 Ce livre est le 2ème publié pour le  challenge "des notes et des mots" challenge-Des-notes-et-des-mots-4 initié par Anne (http://desmotsetdesnotes.over-blog.com), le premier pour son challenge, "Voisins-Voisines" (même adresse)  Logo-Voisins-Voisines-Calibri-noir-cadre-blanc.jpg

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : partageons nos lectures
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 15:02

     Il y a environ 214 millions d'années, une météorite d'un kilomètre et demi de diamètre percuta la  Terre à une vitesse d'environ 20 kilomètres par seconde, non loin de Rochechouart aux confins de la Charente et de la Haute -Vienne. Tout être vivant fut anéanti dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour du point d'impact, la faune et la flore, jusqu'à 300 kilomètres à la ronde en furent modifiées.
    De nos jours on décèle encore le cratère de 21 kilomètres de diamètre. Les roches du sous-sol ont été transformées jusqu'à 5000 mètres de profondeur.  Des marques nombreuses de ce bouleversement géologique sont visibles , en particulier,  les roches à la composition étrange et unique liées à la fusion provoquée par ce "caillou" venu de l'espace.  Dans la région, elles sont utilisées dans la construction. Ce sont "les brèches" qui ressemblent  à du gros mortier.  Le bâti citadin ou rural regorge de ces pierres surprenantes mais voici deux exemples architecturaux de ce pays de la météorite:
      _     Les murs de l'église romane de Pressignac, entièrement édifiée en brèches:
  DSC03279.JPG
    
 
    _   Le château en" brèches" de Rochechouart édifié au XIIème sur un éperon rocheux  météoritique:
  DSC03274.JPG DSC03273.JPG

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : échappées belles - Communauté : Week-end du petit patrimoine
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 19:57

 Ce n'est pas dans ma nature que j'ai plutôt aimable et aimante, mais là, c'en est trop!

 J'en ai assez que l'on me veuille du BIEN!...Régime par ci, toilette par là...ça débouche immanquablement sur du MAL!!!
 
 Vous ne me croyez pas? Et bien , jugez par vous-mêmes! Après les restrictions alimentaires, la série des brimades continue:

  Oui, on m'injecte tous les mois, dans ma nuque inaccessible à ma langue rose, depuis tout petit, le contenu d'une pipette à l'odeur infecte contre les parasites. Ce truc immonde m'écoeure et me rend malade et maintenant en plus, on me  tire les poils avec un peigne aux dents super serrées!
 Est-ce un traitement acceptable alors que je suis parfaitement capable de me lécher, lisser avec efficacité et douceur!!! Oui, je reconnais aussi  que de cette manière, j'en avale des kilos de poils de soie et que je fais des boules qui me gênent ensuite et que je dépose "proprement" sur le sol dans un hoquet pas très élégant...mais à mon avis, c'est normal pour un chat!...
   Vous faites une grimace dubitative et dégoûtée, j'en suis sûr, comme tous les humains de ma connaissance...mais moi, je veux manifester mon désaccord avec cette nouvelle situation.  
    Je fais de la bouderie-sitting, autrement dit quand ELLE m'appelle, me fait des chateries, je ne bronche pas, je ne ronronne pas, je joue le rôle du bel indifférent 006.JPG

ou je montre les dents,  je me couche en rond en faisant semblant de dormir. Bref, je ne suis pas de bonne compagnie...Ça lui apprendra de me faire du mal!  Le chat se rebiffe!!!!!
 
 J'entends votre silence réprobateur.
 J'ai compris...
  
 Personne ne me soutiendra dans ma plainte légitime et vous prendrez le parti de l' affreux homme en vert, à l'origine de tout ce tintoin et répéterez son mot d'ordre: santé et hygiène!
 Je suis désavoué.

  J' accepterai la loi des hommes, donc...
 
  Chat des villes et chat des champs ou rat des villes et rats des champs, nous sommes à la même enseigne, mazette!
 
 

  

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : les aventures extraordinaires de Fil de Soie - Communauté : Ma langue aux CHATS
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 16:45

 Thématique 74: La superstition, proposée par Enriqueta (http://c-estenecrivantqu-ondevient.hautetfort.com/)
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    Accumulation de présages de mauvais augure, dans cette ode de Théophile de Viau écrite en 1621.
 Le poète, victime d'une sorte de conspiration universelle dont il perçoit les signes, subit la pression des menaces. Son "moi"  disparaît alors presque totalement dans la deuxième strophe comme englouti  dans cette construction imaginaire d'un monde à l'envers, apocalyptique, très baroque.
                          
dali-photo3                                                                                                S.  Dali                                                                                       

Vertiges
 
 Un corbeau devant moi croasse;
 Une ombre offusque mes regards;
 Deux belettes et deux renards
 Traversent l'endroit où je passe;
            Les pieds faillent à mon cheval,            
 Mon laquais tombe du haut mal;
 J'entends craqueter le tonnerre;
 Un esprit se présente à moi;
 J'ois Charon qui m'appelle à soi,
 Je vois le centre de la terre.

 Ce ruisseau remonte en sa source;
 Un boeuf gravit sur un clocher;
 Le sang coule de ce rocher;
 Un aspic s'accouple à une ourse;
 Sur le haut d'une vieille tour
 Un serpent déchire un vautour;
 Le feu brûle dedans la glace;
 Le soleil est devenu noir;
 Je vois la lune qui va choir;
 Cet arbre est sorti de sa place.


              Théophile de Viau (1590-1626)            

 
 

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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