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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 15:53
                        Intermède
   
        Devant le rideau, canette à la main,     
        Déjantée et mécanique,
        Elle apparait,
        Tout d'orange vêtue
        Sauf un rose tutu.

        Disloquée et titubante,
        Elle s'avance,3799863473_9b861b5643.jpg
        Rate ses entrechats,
        Balance des bras frénétiques,
        S'aplatit et rampe.

        Poupée sublime et grotesque
        Qui fait croire qu'elle ne connait pas la danse,
        Elle mime les transes
        Des assis qui pensent
        A bien remplir leur panse.

        Marylin essoufflée,
        Dégoulinante de boisson manufacturée,
        Dans son tutu démodé
        Elle envoie un pied de nez
        Aux aliénés du supermarché...



Modeste hommage au ballet de cinq minutes, Artificial truth, chorégraphié par Carolyn Carlson.
 Interprété par Céline Maufroid sur une musique d'Aldwin Nicolais, il est présenté en intermède d'une soirée du festival" Danse et vous".
Par lesplaisirsdemimi.over-blog.com - Publié dans : plaisirs des yeux - Communauté : vos poèmes
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 14:32
      4290344755_4ae245f3b5.jpgCe sont  quatorze histoires de chats toutes aussi originales et intéressantes les unes que les autres, contées par celle qui deviendra  la reine du polar félin, à savoir Lilian Jackson Braun, auteur des célèbres aventures de Jim Qwilleran et de ses chats détectives.
 Elles ont été composées au départ pour un magazine puis rassemblées en un volume sous le titre original The cat who had 14 tales.
On y trouve la première intrigue féline, Le péché de Mme Phloi, qui remporta aux Etats unis le prix de la meilleure nouvelle policière en 1962.

      Ce livre ravira tous les amoureux des chats et ceux qui sont intrigués par leur mystère.
      Quelques noms et portraits de chats suffisent à suggérer l'univers particulier de ces courtes nouvelles: Moustache," le chat trop petit pour ses moustaches", maître du" gang"; Le Baveux, héros de Drummond Street avec trois quarts de queue; la siamoise - miss catastrophe, Sin- Sin; l'astucieuse redresseuse de torts Madame Phloi et son léthargique de fils Thapthim "adoré pour sa bonne nature dans ce monde humain de machines à écrire et de théières"; Percy, le robuste tabby avec une fourrure grise et noire," célibataire  à son aise, d'un certain âge, tranquille et méticuleux...qui aurait pu être considéré comme un peu ennuyeux s'il avait été un homme"; Phut Phat qui "dès son plus jeune âge sut que les humains étaient une race inférieure" et désespère d'établir un contact vital avec eux; Marmelade, gros chat orange chasseur de souris en titre et gardien de musée redoutable; Dark Wan, siamois loyal et intelligent," chat musclé  sous sa fourrure lisse et aux yeux bleu saphir remplis de secrets". Il y a aussi SuSu l'incroyable détective, Conscience, le chat de la banque et Ombre, le chat noir seul témoin d'un terrible accident. Et puis il y a mes préférés, les chats de Cat Canyon, le Prince Charmant de la tribu des gris et la Princesse blanche aveugle, chats perdus  aux destins  tragiques dans la nouvelle intitulée  East side story...et  enfin la chatte Pompette,  gouttière irrésistible et ses démélés avec le ministère de la Santé publique pendant la grande Dépression de 1930.

      Les histoires fonctionnent bien sûr avec une bonne dose humoristique d'anthropomorphisme, souvent sur fond  d'enquête de police, mais  les plongées dans l'âme féline et les réflexions savoureuses sur les  humains limités dans leurs perceptions donnent beaucoup de plaisir. Le contexte un peu glauque et cynique de certaines nouvelles  apporte aussi  une touche d'humour noir pas déplaisant.

Un petit recueil sans prétention mais plein de charme et de trouvailles, à lire en collection 10/18, collection Grands Détectives, numéro 2917 .  
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 17:48
    kate_chopin.gifA sa publication en Louisiane en 1899,le roman L'Eveil de Kate Chopin, écrivain de La Nouvelle-Orléans (1850-1904), renommée pour ses nouvelles, suscite la réprobation des lecteurs qui le jugent scandaleux, la presse l'éreinte et les libraires le refusent. Depuis les années soixante, il est considéré en Amérique comme une oeuvre de premier plan et étudié dans les universités et le public l'apprécie toutes générations confondues.
Le rapprochement avec notre Madame Bovary n'est pas fortuit: Kate a lu Flaubert, a traduit Maupassant qu'elle admire, connait l'oeuvre des romantiques français (Lamartine, Hugo, Chateaubriand), Goethe, apprécie G.Sand et Corinne de Germaine de Staël.
 
     Madame Pontellier se prénomme Edna (Emma n'est pas loin...) et son histoire ressemble assez à celle d'Emma: toutes les deux développent un sentimentalisme un peu naÏf,  épousent sans amour véritable des hommes éperdument amoureux d'elles mais trop pragmatiques à leurs yeux, sont des  mères un peu distantes, s'essaient à l'art (musique et peinture) , tombent amoureuses de jeunes gens puis tentent l'adultère avec des séducteurs et se suicident enfin. La trame narrative est donc assez semblable dans les deux romans.


    Cependant beaucoup de points diffèrent:
        Villas du bord de mer, soirées musicales, baignades, conversations amicales, enfants qui jouent sagement, belles toilettes, aisance matérielle, beaux paysages sont aux antipodes de la brumeuse et froide Normandie où l'on s'ennuie à mourir.    
         La Louisiane est très présente à travers ses odeurs, ses paysages, sa sensualité. Le soleil brûle, les corps moites cherchent la fraîcheur de l'eau et de la nuit et participe à l'action par l'influence exercée sur les sens des personnages.
         Alors qu'Emma sombrait peu à peu dans une dépression sans remèdes, qu'elle se perdait en entraînant tous les siens, Edna, au contraire, "s'éveille": elle découvre l'émotion sensuelle d'une main qui l'effleure, la joie grisante de découvrir son corps libre dans l'eau, la douceur du hamac dans la nuit d'été. Sa vie change: de rangée, elle devient capricieuse, soumise à ses désirs de corps et d'esprit. Elle devient autonome, laisse libre cours à sa créativité, etet choisit elle-même ses ami(e)s et ses loisirs. Elle va jusqu'à s'installer dans une petite maison au coin de sa rue, délaissant  son cadre de vie luxueux pour ne pas dépendre de son mari toujours très généreux mais absent à ce moment -là pour ses affaires. Elle laisse les garçons aux bons soins de leur grand-mère à la campagne!
       Emma est acculée au suicide par l'enchaînement des circonstances, Edna pas du tout! En effet, même si sa conduite  suscite la désapprobation dans la Louisiane de ce  temps encore très conservatrice et figée dans une mentalité ségrégationniste, elle n'est pas abandonnée, ses extravagances sont détournées, son entourage est tout indulgence et elle pourrait vivre  dans sa famille. Mais elle est trop torturée par le conflit existentiel qui l'oppose à la société. Elle se sent marginale au sein de la société créole qui l'attire et l'oppresse à la fois . Surtout, elle se sent responsable de ses enfants dont elle ne veut pas salir la réputation. Alors, elle se laisse simplement aller à nager trop loin, à  l'endroit exact où elle avait senti pour la première fois l'ivresse de la liberté.
 "Elle pensa à Léonce et aux enfants. Ils faisaient partie de sa vie. Mais ils n'auraient pas dû s'imaginer pouvoir la posséder corps et âme..."Adieu car je vous aime". Il (Robert, l'aimé d'Edna) ne savait pas; il ne comprenait pas. Jamais il ne comprendrait."
"Elle regarda au loin, et la terreur ancienne fulgura un instant , puis retomba".
Elle se revoit pendant le bel été:
" Les abeilles bourdonnaient et le parfum musqué des oeillets emplissait l'air".


      Le rôle joué par la mer est essentiel: il correspond à l'émancipation d'Edna qui échoue dans les rôles qu'elle voudrait tenir. Sa noyade est l'ultime affirmation de sa liberté:

"L'eau était froide, mais elle continua de marcher. La caresse de la mer est sensuelle, elle enveloppe le corps de sa douce étreinte".

     Le roman est court, à peine 200 pages et l'écriture est fluide, précise sans passages descriptifs qui l'inscriraient dans un genre régionaliste.
Il a sa place dans la lignée des grands romans qui mettent en scène les passions et les tourments de l'être sensible  confronté aux impératifs du quotidien:

"De très bonne heure elle (Edna)avait appréhendé instinctivement la dualité de la vie: la vie extérieure où l'on s'adapte, la vie intérieure où l'on s'interroge."

      C'est un très bon roman que j'ai découvert par hasard en médiathèque et que je vous recommande.

Editions Liana Lévi, collection Piccolo -2005- 9 euros environ




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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 12:19
GoldenDoor.jpgFort, superbe et humain sont les mots qui  se sont imposés à moi après la diffusion hier soir sur Arte du film franco-italien Golden door  dont le réalisateur est Emanuele Crialese (celui de Respiro). J'ai été littéralement happée par la violence esthétique des images.

 Les interprètes principaux, Charlotte Gainsbourg, Vincenzo Amato, Aurora Quattrochi y sont bouleversants de retenue et de vérité de même que les acteurs secondaires.

Peu de mots si ce n'est pour dire l'essentiel mais les sentiments, les émotions se lisent sur les visages souvent filmés en gros plans.  Il y a des moments  où le temps semble suspendu comme le rêve de la terre promise, de longs plans sur les paysages rocailleux d'une incroyable beauté sauvage de la Sicile qui contraste avec l'arrivée à New- york dans une brume fantomatique qui accentue le choc des deux mondes, l'Ancien et le Nouveau.

La bande-son contribue à cette constante confrontation des cultures avec le martèlement des tambours et les chants étranges des Siciliens qui s'exilent et le blues jazzy de Nina Simone.

Le film se décompose en trois parties:
- l'épisode sicilien chargé de superstitions, de rêves et de misère hautaine
- la traversée épique en troisième classe d'un vieux paquebot secoué tragiquement par la tempête
- l'arrivée à New-York avec les séances de triage des immigrés et la nouvelle naissance des Siciliens à un autre mode de vie dont ils espèrent le bonheur.

"Moi, ça me plairait une maison dans le ciel." Salvatore

Naturalisme, imaginaire et onirisme cohabitent dans ce film chargé d'une intense poésie.

Rediffusion: lundi 8 mars 2010, sur Arte, à 14h45.


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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 16:12
 
 tableau_de_famille.jpg A peine 90 pages, c'est peu pour un roman, mais c'est juste ce qu'il faut pour rendre l'histoire dense et captivante.

  L'histoire se déroule dans le milieu de l'art et l'héroïne, Tess Chase, spécialiste de la peinture de la Renaissance et experte de renommée internationale,  se retrouve  en l'espace de quelques heures  en compagnie de cadavres dont le point commun est un cartable de cuir.  Lorsqu'elle en devient la dépositaire, elle sait qu'elle sera la prochaine victime. Elle doit vite résoudre l'énigme du tableau, déjouer les pièges et chausse-trappes qui se succèdent et garder son sang-froid.
    Drôle de tableau de famille!
 On joue, on triche, on tue dans une ambiance pas toujours raffinée malgré les apparences, entre gens "bien" et cultivés. Le lecteur pénètre dans le milieu de l'art où l'on rêve moins que l'on ne spécule. On parle aussi de grands peintres et de musique avec comme toile de fond Manhattan et Long Island.

 On entre avec une grande facilité dans ce roman d'aventures traitées avec humour. Plaisir assuré!
 
Eric Van Lustbater est new-yorkais. Le titre original du roman est Art Kills et a été publié en 2000, en 2007 pour l'édition française Payot & Rivages.
Vous le trouverez dans la collection de poche Rivages/Noir, numéro 649
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