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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 17:10

 
un-ete-sans-les-hommes.jpg Une bonne pioche dans les rayons de la médiathèque, ce roman de Siri Hustvedt.
   De l'auteur, je ne connaissais pas même le nom, mais la couverture du livre, son titre m'ont tentée par la promesse de profondeur, de livre et de fantaisie. La quatrième de couverture a fini par me décider.


   Roman essentiellement féminin, "Un été sans les hommes " met en scène quatre générations de femmes américaines. Elles sont toutes à une  charnière de leur vie: adolescentes, jeune mère de famille, femme dans la maturité de l'âge, octogénaires .





  Au centre du récit, les autres étant des satellites qui gravitent autour d'elle mais qu'elle apprend à écouter et à comprendre, il y a Mia. Mia sort juste d'une crise psychotique aiguë. Poétesse  et universitaire, elle a passé le cap de la cinquantaine et vient d'être  délaissée par son neuro-scientifique de mari qui lui préfère sa jeune collègue française.


 La banalité de l'histoire(..)n'amortit pas le chagrin, la jalousie, l'humiliation qui s'emparent des abandonnées. Femmes bafouées. Je geignai, je criai, je frappai le mur de mes poings. Je lui fis peur. Il lui fallait la paix, la liberté de s'en aller de son côté en compagnie de la neurologue de ses rêves, cette scientifique bien élevée, une femme avec laquelle il n'avait en commun ni passé, ni douleurs pesantes, ni chagrin, ni aucun conflit. Et pourtant, il disait PAUSE, pas FIN, laissant ainsi le récit ouvert , au cas où il changerait d'avis.
  Mia  est guérie mais fragile et elle décide de quitter New-York, d'aller passer l'été près de sa mère pensionnaire d'une maison de retraite dans le Minnesota. Elle donne des cours d'initiation poétique  à sept adolescentes en pleine confusion des sentiments et rivalités féroces. A travers elles, elle revit l'enfer de sa propre adolescence, repoussée par les camarades de classe , avide d'amour et de reconnaissance. Avec elles, par le truchement d'un jeu de rôle, comme dans une tragédie, la  catharsis fera son effet, les tensions et les non-dits seront surmontés, les siens et les leurs.
  Elle découvre aussi l'extraordinaire vitalité des vieilles copines de sa mère , "les quatre cygnes" comme elle les surnomme, qui parlent de littérature, d'amour et des personnages de Jane Austen et de tant d'autres sujets. Elles côtoient la mort mais l'affrontent. Mia se raffermit à leur contact et devient même la dépositaire des secrets coquins d'Abigail la brodeuse si délicate et pourtant si frondeuse:
  A un moment de la conversation qui suivit, je compris qu'Abigail se sentait considérablement mieux car elle commença à m'adresser des signaux en remuant les sourcils, geste à la suite duquel elle baissait les yeux vers ses genoux.(..) Elle avait les mains dans les poches de sa robe brodée et elle exposait de petites parties de leur doublure rouge. Cette femme "portait" un amusement secret. Caché dans ses poches, il y avait un message subversif, une broderie érotique ou quelqu'autre dessous, créé sans nul doute des années auparavant. Je télégraphiait à mon tour ma compréhension silencieuse que la robe était pour ainsi dire chargée- un tissu caché de plus dans l'arsenal privé d'Abigail-, et cette entente tacite entre nous sembla lui procurer un plaisir authentique car elle sourit d'un air rusé et m'adressa encore quelques signes des sourcils pour confirmer notre complicité.
   Mia  a pour voisine une jeune mère de famille. Lola est souvent seule , délaissée par un mari rustre , colérique et instable et elles se lient d'une profonde amitié, presque maternelle de la part de Mia dont la fille Daisy a presque l'âge de Lola. Entre elles, comme un feu follet fantasque et délicieux, la petite Flora. Avec elles, la pyramide des âges est complète et la redécouverte des joies et des douleurs de l'existence est bouclée.
 
  Au terme de l'été, des femmes ont disparu au terme de leur vie, les adolescentes ont mûri et c'est le moment des adieux, Lola a trouvé la force de s'assumer avec ses enfants, Mia  s'est reconstruite  en réglant son contentieux avec elle-même et avec Boris, l'époux volage.
   Qui d'entre nous reprocherait à Jane Austen ses dénouements  ou affirmerait que Cary Grant et Irène Dune ne devraient pas se réconcilier à la fin de "Cette sacrée vérité?" Il y a des comédies et il y a des tragédies, pas vrai? Et elles se ressemblent  plus souvent qu'elles ne sont différentes, un peu comme les hommes et les femmes, si vous voulez mon avis. Une comédie, c'est quand on arrête l'histoire exactement au bon moment.

 Aucune guimauve dans ce livre sans homme mais où l'on parle d'eux malgré tout, où il est question d'amour et de rivalité, de perte de soi et de reconstruction de soi, de naissance et de mort, de vieillesse et de jeunesse, de poésie et de création.
 J' ai parcouru  à travers ce roman  une aventure intérieure, je me suis amusée et j'ai été émue parfois.
 Au final, un bon moment de lecture auprès de toutes ces femmes.

  Editions Actes Sud, série Lettres anglo-américaines. Traduction de l'américain: Christine Le Boeuf.  mai 2011- 216 pages.
 ISBN 978-2-7427-9722-6

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : partageons nos lectures
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 18:25

    De l'attaque par derrière des doudous, la semaine dernière, vous vous en souvenez? Cette situation, ô combien inquiétante à mon humble avis, l'était effectivement!
    Regardez bien !
              fil de soie 003
    Sous son air patelin, cet âne ridicule  m'enlaçant avec ses pattes démesurées dans ce qui semblait un élan de sympathie ...ou de grande affection irrépressible, était l'instrument d'un vil complot  visant à faire mon malheur! Et l'éléphant en plus uniquement là pour se moquer de moi!...Et moi, Fil de soie, élégant , fin et mince par définition , je parais plus imposant que lui!
    Traître montage que tout cela!

     L'âne étalonnait ma taille !!!!!...et le verdict ne s'est pas fait attendre: TROP gros le chat!!!
    Une évidence déjà pour l'oeil exercé de quelques amis correspondants blogueurs, mais ce n'est qu'une illusion d'optique, je vous assure, une simple pelisse d'hiver un peu trop étalée sur le velours douillet...Même si la balance  consultée chez l'affreux homme en vert accuse .....kilos et des poussières, il ne faut pas s'y fier, L'électronique, ça se dérègle parfois , non?
  
     Mais la coalition m'a vaincu: j'ai été déclaré XXL, limite XXXL. Incroyable!
    
    Depuis, mon quotidien ne me sourit plus: je vis avec une idée fixe: manger, toujours manger. Je traîne ma peine dans la cuisine et j'ai beau implorer de mes tendres caresses et lever vers EUX des yeux battus, pas de pitance d'avance, de quoi me distraire les babines de temps à autre...

     Repas dosé à heures fixes, eau à volonté.

     Des coeurs de pierre...je ne l'aurais jamais cru d' EUX!...

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : les aventures extraordinaires de Fil de Soie - Communauté : Ma langue aux CHATS
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 11:58

  Au hameau de" La Berthe ", quand on se dirige vers Saint-Junien, en Haute-Vienne, en prenant les petites routes de traverse, on se retrouve soudain, en plein virage, nez à nez avec une espèce de "cigogne" gigantesque que l'on se serait plutôt attendu à trouver sous des cieux africains.

 DSC03245.JPG
  Il s'agit d'un antique puits à balancier, datant du début du VIIIème siècle, reprenant les techniques arabes des occupants de l'époque (Charles Martel n'avait pas encore sans doute arrêté leur avancée à Poitiers en 732...).
   Les arbres utilisés, des chênes, sont impressionnants de solidité et de hauteur, 6mètres 50 environ- je crois me souvenir- pour la flèche!
   DSC03246.JPG
J'ai parlé avec le tailleur de pierres qui avait restauré la maçonnerie du puits, sorti de chez lui  quand il m'a vu prendre des photos... et il m'a authentifié l' ancienneté du puits, daté par les scientifiques, en tout point semblable au "chadouf"  que l'on trouve en Egypte!...
   DSC03248-copie-1.JPG
   Le puits n'est pas très profond car l'eau n'est jamais très loin dans ce coin limousin: les sources, les ruisseaux coulent en abondance, mais ici à la Berthe, on est sur un mont.
     DSC03247.JPG 

  J'imagine qu'un tel travail correspond à une occupation oubliée mais prestigieuse d'une armée sarrazine sur cette colline, pas loin de l'accès stratégique à la Vienne, d'autant que dans les alentours " en subsistent trois autres du même type, m'a dit mon aimable interlocuteur , mais en  moins bon état et plus petits"... Mais ce n'est que pure rêverie de ma part...

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : échappées belles - Communauté : Week-end du petit patrimoine
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:03

 J'ai re-vu, re-lu, ré-visité le" Colloque " et ce rétro-procédé m' a semblé réclamer un antidote urgent...Le voici, pure fantaisie, mais si vous souriez...ce ne sera pas si mal!


   FANTAISIE RÉTROVISÉE

 UN Rétroviseur, ça n'existe pas!
 Non, ça n'existe pas!
 Le rétroviseur, c'est trois, pas un!
 Un au milieu et deux pour l'escorter.
     Deux et un font trois
     Pour aller de l'avant
     Sûrement.
 
 Monstre tricéphale, présent,
 puissant et savant,
 triumvirat qui règne sur l'habitacle
 en parfait accord majeur.
     Un et deux font trois
     Pour trouver sa place
     Aisément .
 
 
 Sans lui, c'est sûr, point de balade!
 Point d'aller-retour...
 Sans devant derrière,
 On est vite sans dessus dessous.
    Zéro moins trois égale zéro
    Pour gagner le paradis
    Fatalement.

 Janus perfectionné,
 Ses trois regards captent le nôtre
 Ceux des autres  autos
 Et le défilé des paysages.
     Trois par trois font neuf
     Comme notre oeil
     Forcément!...

           MdP
    (26-01-2012)
    
 
 
  
  

  

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : Défis et Jeux Littéraires - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 07:30

      Pour répondre à la suggestion de Tricôtine,( thème"rétrospective"), ce poème original qui dit la nostalgie désespérée des amours disparues ou mal partagées dans un dialogue théâtralisé.
     images.jpg-magritte.jpg                                               Magritte : "Colloque sentimental"

 
      Lors de ce" colloque" secret entre deux "formes", le poète nous donne à entendre la recherche vaine du bonheur passé.  Garder conscience et mémoire de ce qui fut pourtant si exaltant, sublime et violent, le reconstruire à deux à l'unisson, une tâche qui s'avère impossible...pour le Verlaine des Fêtes galantes pour qui l'amour est ici une mascarade.
"Colloque Sentimental" , conclusion désabusée du recueil poétique, a été mis en musique par Debussy dont la sensibilité s'accorde avec celle de Verlaine.

    
      COLLOQUE SENTIMENTAL

 Dans le vieux parc solitaire et glacé
 Deux formes ont tout à l'heure passé.
 
 Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
 Et l'on entend à peine leurs paroles.

 Dans le vieux parc solitaire et glacé
 Deux spectres ont évoqué le passé.

 _Te souvient-il de notre extase ancienne?
 _Pourquoi voulez-vous qu'il m'en souvienne?

 _Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
 Toujours vois-tu mon âme en rêve?_Non.
 
 _Ah! les beaux jours de bonheur indicible
 Où nous joignions nos bouches!_ C'est possible.

 _Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir!
 _L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

  Tels ils marchaient dans les avoines folles,
   Et la nuit seule entendit leurs paroles.

           Paul Verlaine.
      
 

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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