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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:00

   Anish Kapoor et son oeuvre

Anish Kapoor est l'un des sculpteurs les plus influents du panorama artistique international.
 Né à Bombay (Inde) en 1954, l'artiste s'est formé à Londres. Il reçoit le prix Turner en 1991 et en 2003, il est fait commandeur de l'ordre de l'Empire Britannique.
  Kapoor attire très tôt l'attention par son exploration de la forme sculptée  abstraite et de son jeu sur le volume, l'échelle, la couleur et la matérialité, ses recherches sur le concept de vide.
 
   L'exposition de Bilbao

Présentée à Bilbao , au deuxième étage du musée Guggenheim jusqu'au 12 octobre de cette année2010, son oeuvre secoue  le spectateur , l'interpelle, l'oblige à s'impliquer dans le processus de création. L'exposition a été organisée en étroite collaboration avec l'artiste qui considère chaque salle  comme une expérience unique dédiée à une série ou à une installation à grande échelle. Kapoor est fidèle au principe "d'auto-génération ", c'est-à dire pour les objets qui surgissent de façon apparemment  naturelle, sans idée préconçue, et dans laquelle la main de l'artiste semble absente.
  Trois oeuvres monumentales retiennent le visiteur à l'intérieur: "Shooting in the corner"
                                                                                                             " Matière du temps"
                                                                                                          et un    Monochrome jaune
 
   Les oeuvres présentées et mes impressions de visiteuse sans a priori
 
   La première, "TIRS AU COIN", je l'ai entendue avant de la voir: une forte déflagration fait trembler les parois de verre, vibrer l'atmosphère recueillie du musée et fait sursauter le public du troisième étage, plongé dans la contemplation des détails des tableaux de Henri Rousseau, dit le Douanier , et représentant attitré de "l'art naïf"...Jour anniversaire du 11septembre, de surcroît, il ya de quoi frémir!  et... rien de plus, tout reste en place, les gardiers ne réagissent pas...
     bilbao-036.jpg
Descente au second, par l'extraordinaire ascenseur de verre, vue kaléidoscopique sur l'extérieur, et au détour d'un couloir, LE CHOC!!!
   Une salle immense. Au centre, un canon plus ou moins bricolé avec des bonbonnes d'air comprimé, des palettes avec des bidons,(une bonne cinquantaine), entassés et remplis d'une substance visqueuse (les munitions pour le canon!). Le canon est pointé sur un coin de la salle, tout dégoulinant de traînées épaisses rouge-sang, qui forment comme une croûte bosselée d'excroissances. Les murs adjacents sont couverts d'amas collants et d'éclaboussures et le sol de la salle disparaît sous un magma de cires cramoisies et de substances huileuses. Rouges sur blanc.
   Le choc est rude: j'ai l'impression d'être en face d'un sexe de femme meurtri, d'où coule un sang épais, menstruel ou produit par des violences, d'une muqueuse mise à vif, L'instant suivant, j'y vois le gros plan sur un corps écartelé qui pourrait être à une phase de l'accouchement et donc en train de donner la vie...En face, le canon pointé et dressé, sexe masculin en érection avec , de temps à autre, ces giclées projetées, d'énormes quantités , venant inonder la béance du coin.
  Vision chargée  d'une signification hautement symbolique, d'un érotisme charnel, presque insoutenable, dramaturgique.  Inoubliable!
  Questions récurrentes: est-ce de l'art ? où est l'artiste?, où sont ses "outils",sa "palette", son ciseau ou son pinceau? N'est-ce pas  se moquer du monde? A en croire les moues sceptiques ou irritées par tant de désinvolture des visiteurs présents, cette forme de création a du mal à être assimilée à de l'art!
  Et pourtant, " au delà de la solidité de ce que nous voyons", de cette matérialité, nous sommes conduits à explorer l'immatériel, le concept, à nous approprier l'oeuvre, à y déverser nos fantasmes ou à y projeter nos angoisses ou nos espoirs. Vision de vie, de blessures , de mort? Dans tous les cas, de sang...
  Est-ce beau? la question ne se pose pas en ces termes, je crois.
     
           (à suivre...)

         
 

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Published by Mimi des Plaisirs - dans plaisirs des yeux
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commentaires

Edwyn 17/09/2010 20:48



Mais, il est où, Fil de Soie ?


Bon weekend !


Edwyn et Faiel



Gourmandise 16/09/2010 21:02



C'est de l'art ...ou de la performance artistique. La question du beau ne se pose puisque la provocation appelle et cherche la réaction du visiteur. Chacun y projette son être et y voit le reflet
de sa vie ou de ses peurs. Toujours est-il que je ne sais pas si j'aurais fait autant de chemin pour voir "ça".



Mimi des Plaisirs 23/09/2010 16:29



On l'a fait ce chemin, et il nous en est resté des séquelles, des interrogations: c'est toujours positif de partir à la découverte!