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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 18:23

 
   et-puis-paulette-de-barbara-constantine-902228663 ML Voici un roman qui se déguste à petites gorgées ou se croque comme un gâteau sec  sorti de sa boîte de métal . Il a la saveur des choses insignifiantes de la vie qui bâtissent  du bonheur. En réalité, une fois entamé, on le dévore jusqu' au mot de la fin:  "lumières"

  C'est du Barbara Constantine, pur jus ou pure souche , si j'ose dire .
Donc, une histoire simple entre des gens simples (enfin pas si simples que cela...), une tranche de vie  avec des malheurs, des soucis, des bonheurs et des sursauts d'optimisme à revendre. Une histoire qui se construit en 70 petits épisodes  chapitrés aux titres charmants, délicieusement désuets comme dans les livres d'enfants. Piochés au hasard, par exemple:  Dossier Solidarvioc,  Marceline raconte, Samedi soir, pleine lune... Les Lulus sous la couette, Ferdinand répète son texte, Du thé au petit déjeuner, Noms de chats...

  
Toutes les générations ont leur rôle à jouer dans cette chronique d'une vie ordinaire en milieu rural- pas franchement moderne- où la solidarité , l'accueil et l'écoute interviennent pour faire un pied de nez à la malchance, à la maladie et à la solitude. Berthe, la vieille chienne fidèle, l'indiscipliné(e) chat(te) Chamalo, les Lulus animeront de leurs gambades et de leurs polissonneries la grande ferme de Ferdinand veuf et retraité. Des personnages hauts en couleur, comme les inénarrables soeurs Lumière, la jeune Muriel ou le taciturne Cornélius habitent les pages.

    Le roman débute par un drame évité de justesse, une axphyxie par le gaz qui ressemble fort à un suicide dans une masure déglinguée habitée par une mystérieuse Madame Marceline. En fait, ce n'est que l'oeuvre des souris!... Ferdinand, son voisin et sauveur ," ne s'occupe pas des affaires des autres"et " certaines choses se font, d'autres ne se font pas" comme il le dit, mais c'est le début d'une aventure à rebondissements. Quand le toit s'effondre sous les coups de la tempête, il accueille malgré tout Marceline comme locataire. La maison est grande, son coeur l'est encore plus et le vieux bougon solitaire finit par héberger  les deshérités et solitaires.
Une belle utopie prend forme peu à peu. Les carapaces se fendillent, on sort de sa pudeur , on ose être soi-même. Chacun oeuvre selon ses moyens, donne de son temps et retrouve un sens à sa vie dans l'amitié et la confiance. Avant, c'était douloureux et au dehors, ce n'est pas toujours facile: les couples se séparent, l'avidité des héritiers chasse les vieillards, la dépression guette, le cancer ronge...Dedans non plus, ce n'est pas tout rose, il y a tant à surmonter. Mais à tous, ils s'organisent et c'est la révolution: les vieux et les vieilles s'activent, les jeunes apportent leur sang neuf, l'ordinateur fait son entrée...
    Le bonheur, c'est contagieux.


     " Et Paulette?" me direz-vous...Ça c'est la surprise!

   Profondément humain , juste et terriblement encourageant, ce roman est jubilatoire. L'écriture y est pour beaucoup, apparemment  facile et naturelle, mais sans doute très travaillée pour donner un tel effet de réél et de spontanéité. Ou alors Barbara Constantine a su écouter autour d'elle.
 J'ai pensé à la poésie de Trénet bien sûr, au jardin de Voltaire, à la truculence de Pagnol, à "La Tête en Friche " pour sa tendresse, mais "Et puis , Paulette..." a sa saveur propre, la touche qui fait dire " c'est un Barbara Constantine... comme "Allumer le chat", "A Mélie sans mélo" ou encore l'avant-dernier né "Tom, petit Tom, tout petit homme".

  Editions calmann-lévy. ISBN 978-2-7021-4278-3
   Janvier 2012 (306 pages en gros caractères).
  
 

Par Mimi des Plaisirs - Publié dans : littérature - Communauté : Mes livres préférés
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