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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 10:18

 Flamme.jpg   GERILEQIMUGE Grue-Noire est né en Mongolie où il a passé son enfance dans les prairies et la steppe.

 Actuellement il vit en Chine mais il repart régulièrement avec ses chiens  sur les hauts plateaux de la Mongolie et du Tibet.
 Ses livres sont nourris de son expérience, de ses contacts avec les populations et de ses périples. Ils ont été salués  par la critique et ont reçu de  nombreux prix en Chine et à Taïwan.

    FLAMME( titre original :HeiYan)  a été publié en 2005 pour la première fois et seulement traduit du chinois en 2011 par Patricia Batto pour les éditions Philippe Picquier.
 ISBN:978-2-8097-0250-7
  266 pages.

     Qui est Flamme? le héros.
    Un chien noir, un molosse tibétain, de la taille d'un ours, d'une beauté et d'une force colossales. Aucun autre homme que son maître ne peut l'approcher.
 Flamme, couché par terre, le corps couvert d'une épaisse couche de neige n'avait pas l'air de se soucier du froid. En apercevant Han Ma, il se leva immédiatement, secoua la neige sur son corps, et alla jusqu'à lui.
  C'était un énorme molosse majestueux, au pelage noir, long et épais , qui brillait de lueurs bleues métalliques à la lumière de l'aube. Ses quatre pattes étaient solides comme des piliers. Il s'approcha à pas lents, l'air insouciant, ses presque quatre-vingt centimètres au garrot lui donnaient l'air aussi robuste qu'un grand ours noir.
   Les bergers firent claquer leur langue d'admiration.
(p 266)
 Il semble sorti tout droit d'un conte, d'une épopée tant son intelligence est vive et sa capacité d'adaptation inouïe. Nous suivons sa vie tumultueuse depuis sa naissance jusqu'à sa splendide maturité à travers la Mongolie, le Tibet, "le toit du monde", la Chine urbaine et moderne ...
     Il a du loup dans ses veines , une énergie phénoménale, une fidélité indéfectible au maître  du moment, une efficacité redoutable en tant que chien de berger (ce qu'il est...)

    Soudain, Flamme bondit de toutes ses forces en l'air et avec férocité se jeta de côté vers les reins du loup. Le loup se laissa prendre au piège: risquant le tout pour le tout, il se retourna pour mordre en retour. Ce n'était qu'une feinte  de la part de Flamme: la gorge du loup était maintenant à sa portée, juste sous ses yeux. Il ne lui restait plus qu'à suivre la procédure habituelle en mordant cette partie vitale.(p37)
  Flamme ne démérite pas non plus devenu  gardien de nuit de super-marché , dans la grande ville, au terme d'une épopée grandiose: sa seule présence suffit à dissuader  le voleur...
  

  Plus souvent enchaîné, encagé que libre, blessé, affamé, pourchassé, traînant sa chaîne , Flamme "rêve" de retrouver ses hautes prairies glacées dont il a été exilé à la suite de sa vente à des marchands de chiens et de tous les malheurs qui s'ensuivirent jusqu'à son sauvetage in extremis par Han Ma en pleine steppe.
 Objet de toutes les convoitises, inspirant la terreur et la fascination, Flamme apprend à vivre et à survivre dans des lieux insoupçonnés, grandioses , effrayants à force d'excés .
   Dans ce roman initiatique, tout semble hyperbolique tant les limites sont repoussées à l'extrême: cruauté, passions humaines, "sentiments" de l'animal, paysages somptueux et vierges ou  banlieues sordides.

 La découverte de ces contrées et de ces traditions de bergers (moins celle de la Chine entrée dans la mondialisation...) en compagnie de Flamme est passionnante. Des drames s'y jouent entre chien et hommes, entre hommes aussi.  Des histoires de vie et de mort, une belle histoire d'amitié et de fidélité, des combats, des poursuites haletantes, des moments apaisés, presque de méditation.
 Le point de vue animal adopté ( même si le récit est à la troisième personne) est une gageure réussie car on apprend à penser "chien" et les hommes, du coup , sont  placés sous un autre éclairage, pas toujours en leur faveur!...
 ( Flamme a trouvé refuge dans la petite cour d'un vieux peintre de tankas à Lhassa. Il est nourri et accepté  mais il suscite une curiosité et des attroupements qui gênent  l'artiste au visage de statue qui s'apprête à le céder pour rien à un type au visage basané )
   p 100: Flamme vit tout de suite sur le visage de pierre inexpressif du vieux peintre que celui-ci avait décidé d'un changement dans son destin.(...) Contre toute attente, il se tourna vers Flamme et lui jeta un coup d'oeil. Ce coup d'oeil suffit pour que Flamme se sente obligé de se lever: il aurait aimé comprendre ce qui se passait, il voulait savoir ce qui allait lui arriver.

 .
 C'est un roman d'hommes, d'hommes rudes rongés par un alcoolisme chevillé à leur condition. Le contraste est énorme entre les bergers du Tibet   qui vivent en harmonie avec les forces naturelles et les citadins avides.

   Accepter tout avec sérénité était précisément ce qui permettait aux habitants du haut plateau de survivre dans des conditions aussi difficiles; sur le visage de Danzeng flottait ce calme, proche de l'hébétude, propre aux Tibétains (p31)
  Il est plus facile pour Flamme de vaincre loups ou meutes entières que de résister aux hommes fourbes animés par de vils désirs: il sera souvent leur victime mais apprendra à déjouer leurs ruses. Happy-end et reconnaissance finale, mais bien mérité pour Flamme!

 
J'ai été étonnée par mon intérêt inhabituel pour un livre comme celui-ci.
   Mais maintenant je sais que Flamme m'a apprivoisée et que je l'ai aimé , admiré, ce molosse capable de tout grâce à ses  sens aiguisés et à son courage. J'ai vibré au rythme de ses aventures.

   Je sais aussi que les pages très nombreuses où l'auteur Gerilegimuge tend devant nous la toile des paysages de ces contrées lointaines avec ses scènes croquées sur le vif m'ont tenue sous leur emprise poétique ou naturaliste.

  La neige tombait de plus en plus drue, les flocons remplirent tout l'espace, sans laisser la moindre brèche.
 On était au bout du monde, dans la steppe du nord du Tibet, la région la plus sauvage du plateau,du plateau du Qingai-Xizang. Cet immense plateau est appelé le "troisième pôle" de la planète en raison de ses réserves de glace. C'est un endroit désolé, loin de toute civilisation , qui fait penser à l'univers des origines, au début des temps.
  Une tente se dressait au milieu de l'impétueuse tempête, telle une toute petite île isolée, insubmersible.(...) Mais comme toutes les tentes transportées à dos de yacks de place en place dans la steppe, quand les bergers l'avaient montée au milieu de l'étendue déserte, elle s'était transformée en un foyer douillet. (p5)

 Enfin, participer à la découverte des moeurs et des mentalités de ce peuple, surtout des peuples nomades,  a été captivant.
 
 Un livre à part, qui m'a laissé un souvenir prégnant. et que j'inclus dans le challenge de Catherine du blog " La culture se partage"ChallengeDragonEau.

 
 
 

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Published by Mimi des Plaisirs - dans littérature
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commentaires

Mistymiaou 18/10/2012 22:00


Je crois que je ne pourrais pas lire ce livre, trop d'émotions ... J'ai les larmes aux yeux à lire ton article, tu racontes bien. :)

Mimi des Plaisirs 21/10/2012 23:39



Mais si, tu pourrais le lire sans en avoir les yeux brouillés!  Flamme est un animal si attachant ...et il a toujours tellement de cran que tu l'aimerais tout en en étant sidérée



merquin 18/10/2012 02:19


Il m'a l'air d'être un livre intense. Un genre de Croc-blanc. C'est vrai que ce n'est pas facile de vivre avec ce genre de chien. Ma mère a eu pendant quelque temps un kangal, chien molosse de
l'Altaï, et c'est pas du tout exagéré de le comparer à un ours, ni de son efficacité de berger et sa gentillesse extrême : il s'entend même avec les chats ! =D

Mimi des Plaisirs 21/10/2012 22:08



C'est un livre "intense" comme vous le dites même si l'écriture n'est pas aussi  extraordinaire que celle de Croc-Blanc. Mais c'est peut-être lié à la difficulté de traduction et à la
différence culturelle.
 Ce chien" Flamme" est capable d'être vraiment terrifiant, un chat ne tiendrait pas longtemps à le défier...
 En vérité, je suis plus" chat" que "chien" mais je l'ai trouvé passionnant, ce livre.
 Bonne lecture si vous le trouvez! et merci de votre passage.



Sharon 11/10/2012 12:49


Merci pour la présentation de ce livre.


Je ne connaissais pas du tout.

Mimi des Plaisirs 21/10/2012 23:09



C'est un livre assez inhabituel dans son sujet et son contexte si rude mais l'aventure est belle à suivre.
 Merci de ta lecture, Sharon.
 Bonne semaine.



Catherine 05/10/2012 23:56


Quelle belle note de lecture dans le challenge, Mimi, je te remercie et c'est un roman et un auteur que je découvrirai avec plaisir.


Je te conseille Blanco de Jirô Taniguchi (manga) et Tibetan dog (Le chien du Tibet) de Yang Zhijun (film d'animation sino-japonais).


Bon weekend et caresses à Fil de Soie.

Pichenette 05/10/2012 19:22


Quel nom! Je me le dis à voix haute, c'est gouleyant!