Vendredi 5 mars 2010
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Fort, superbe et humain sont les mots qui se sont imposés
à moi après la diffusion hier soir sur Arte du film franco-italien
Golden door dont le réalisateur est Emanuele Crialese (celui de
Respiro). J'ai été littéralement happée
par la violence esthétique des images.
Les interprètes principaux, Charlotte Gainsbourg, Vincenzo Amato, Aurora Quattrochi y sont bouleversants de retenue et de vérité de même que les acteurs secondaires.
Peu de mots si ce n'est pour dire l'essentiel mais les sentiments, les émotions se lisent sur les visages souvent filmés en gros plans. Il y a des moments où le temps semble suspendu
comme le rêve de la terre promise, de longs plans sur les paysages rocailleux d'une incroyable beauté sauvage de la Sicile qui contraste avec l'arrivée à New- york dans une brume fantomatique qui
accentue le choc des deux mondes, l'Ancien et le Nouveau.
La bande-son contribue à cette constante confrontation des cultures avec le martèlement des tambours et les chants étranges des Siciliens qui s'exilent et le blues jazzy de Nina Simone.
Le film se décompose en trois parties:
- l'épisode sicilien chargé de superstitions, de rêves et de misère hautaine
- la traversée épique en troisième classe d'un vieux paquebot secoué tragiquement par la tempête
- l'arrivée à New-York avec les séances de triage des immigrés et la nouvelle naissance des Siciliens à un autre mode de vie dont ils espèrent le bonheur.
"Moi, ça me plairait une maison dans le ciel." Salvatore
Naturalisme, imaginaire et onirisme cohabitent dans ce film chargé d'une intense poésie.
Rediffusion: lundi 8 mars 2010, sur Arte, à 14h45.