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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 08:45

   "Bientôt Noël" est le thème de cette semaine pour les jeudis en poésie.

    Déjà les magasins ont étalé leurs mille tentations, les enfants rêvent à la fête et aux cadeaux, les plus grands essaient de croire encore au miracle de Noël...Les lumières scintillent jusque sur les façades...
    Et en 1885, un jeune poète de vingt-cinq ans  vient de publier le recueil de ses premiers vers sous le titre de Les Complaintes. C'est Jules Laforgue. Il suscite la curiosité puis la sympathie de lecteurs éclairés mais ne connaîtra jamais la célébrité. Il meurt de phtisie à vingt-sept ans.
   En 1880, alors qu'il vit dans une misère noire, il écrit des poèmes qui retracent son quotidien, désespérant et sombre. Même Noël, le trouve railleur et désabusé. 

           NOËL RÉSIGNÉ
 
      Noël !, Noël ! toujours sur mes livres, je rêve.
      Que de jours ont passé depuis l'autre Noël !
      Comme toute douleur au coeur de l'homme est brève.
      Non, je ne pleure plus , cloches, à votre appel.

      Noël !, triste Noël ! En vain la bonne chère
      S'étale sous le gaz! Il pleut, le ciel est noir,
      Et dans les flaques d'eau tremblent les réverbères
      Que tourmente le vent, un vent de désespoir.


      Dans la boue et la pluie on palpe des oranges,
      Restaurants et cafés s'emplissent dans le bruit,
      Qui songe à l'éternel, à l'histoire, à nos fanges?
      Chacun veut se gaver et rire cette nuit!

      Manger, rire, chanter, _ pourtant tout est mystère!
      Dans quel but venons-nous sur ce vieux monde, et d'où?
      Sommes-nous seuls? Pourquoi le Mal? Pourquoi la Terre?
      Pourquoi l'éternité stupide? Pourquoi tout?


      Mais non! mais non, qu'importe à la mêlée humaine?
      L'illusion nous tient!_ et nous mène à son port.
      Et Paris qui mourra faisant trêve à sa peine
      Vers les cieux éternels braille un Noël encor. 


                    Jules Laforgue
                                        1860-1887

                            ( Premiers vers) Ed. Poésie Gallimard
  
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Published by Mimi des Plaisirs - dans littérature
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commentaires

jill bill 07/12/2011 18:24


Clin d'oeil de jill, j'attends le facteur moi aussi !  Bonne soirée Mimi, merci !  Jill

Mimi des Plaisirs 10/12/2011 00:40



"Le facteur n'a pas sonné trois fois?, j'espère!
 Bises et à bientôt.
 Mimi des Plaisirs.



fleur14 06/12/2011 08:49


Bonjour


Je viens de chez Daniel.


Je ne connais pas ce poète !


Il est vrai qu'en relation avec l'article de Daniel ; il y a bien longtemps l'on savait déjà faire scintiller la lumière pour cacher la misère.


Belle journée.


BISES DE NORMANDIE

Mimi des Plaisirs 10/12/2011 00:28



Bonne nuit Fleur. >
 je viens bien tard te remercier de ton passage et de ta lecture mais je suis ravie  de voir comment tu es venue jusqu'ici découvrir un poète méconnu et trop tôt disparu.De toutes
façons, avec sa vision juste mais si noire des choses de la vie, il était voué au malheur.
 A  bientôt j'espère.
 amicalement.
 Mimi des Plaisirs


 Je passerai te voir sur ton blog en Normandie



Mistymiaou 03/12/2011 20:16


Très joli poème, triste, mais joli. :)


Bon week-end. 

Mimi des Plaisirs 10/12/2011 00:16



Oui, il est désespérant mais la voix de Laforgue est belle.Je suis heureuse de te l'avoir fait découvrir.
 Bonne nuit quand même!



lilou 02/12/2011 22:50


merci de nous faire partager cette lecture.


A tantôt


Lilou

Mimi des Plaisirs 10/12/2011 00:14



C'était un peu trop triste mais tellement sincère que j'ai eu envie de faire entendre cette voix.
Merci de l'avoir lu.
Mimi des Plaisirs



Etienne 02/12/2011 08:36


Après un détour imprévu mais tout aussi charmeur à Prague (quelle écriture et quelle créativité!!), le plaisir d'un nouveau rendez-vous poétique, lui aussi réussi: une vision de Noêl qui détone
avec les célébrations outrancières de la "ripaille" comme on dit autour de moi: Laforgue mélancolique, très fin de siècle, ou d'une humanité très lucide,   intuitif du mal-être profond ,
visionnaire du désarroi d'une société du XXIème s. qui  confond bonheur et abondance , même frappée de plein fouet par la  "crise"? Très belle photo,en plus.  Merci, Mimi  
      Etienne.

Mimi des Plaisirs 09/12/2011 22:15



Vous avez été très sensible à la désespérance de Laforgue, très moderne dans son appréhension du monde . Je pense que le pème vous a "parlé".
 Cette semaine, presque le silence sur le blog et pas de poésie ce jeudi: je n'avais pas le coeur à cela. Il ne vous reste plus qu'à faire un petit tour dans la province profonde , au secret
d'un village, de suivre le fleuve Charente un jour de décembre, dans les deux derniers articles: ce furent des moments d'intense poésie aussi.
 A bientôt et bonne fin de semaine.
 Mimi.