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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 18:46

 Pour illustrer le thème proposé cette quinzaine par Hauteclaire:" Secrets et mystères", j'ai choisi de faire entendre la voix de François Villon et celle bien connue de Georges Brassens qui a donné chant et âme à sa Ballade des dames du temps jadis.
  
 


     Ballade des dames du temps jadis


   Dites-moi où, n'en quel pays,
   Est Flora la belle romaine,
   Archipiades, ni Thaïs,
   Qui fut sa cousine germaine,
   Echo parlant quand bruit on mène
   Dessus rivière ou sur étang,
   Qui beauté eut trop plus qu'humaine
   Mais où sont les neiges d'antan?

    Où est la très sage Héloïs,
  Pour qui châtré fut et puis moine
  Pierre Asbelard à Saint-Denis?                 heloise.jpg
  Pour son amour eut cette essoine.
  Semblablement, où est la reine
  Qui commanda que Buridan
   Fut jeté en un sac en Seine?
   Mais où sont les neiges d'antan?

    La reine blanche comme lis
  Qui chantait à voix de sirène,
  Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
  Haremburgis qui tint le Maine,
  Et Jeanne la bonne Lorraine
  Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
  Où sont-ils , où, Vierge souveraine?
  Mais où sont les neiges d'antan?

   Prince, n'enquerez de semaine
  Où elles sont, ne de cet an,
  Qu'à ce refrain ne vous remaine:
   Mais où sont les neiges d'antan?

          François Villon (1431-après 1463)

             (Le Testament- 1463)
 

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Published by Mimi des Plaisirs - dans poésie
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commentaires

Etienne 21/09/2012 09:24


Quelle beauté et quelle  magie des noms ( le superbe


 "Berthe au grand pied, Bietris, Alis") sans oublier la force incantatoire du "refrain" interne. Mais surtout quelle méditation sur la fuite du temps, sur la mort, le grand "Secret", le
"Mystère" essentiel ultime: Villon me paraît très modrne dans son interrogation  sur l'inconnu qui nous attend ( c'est ainsi que je lis  " où sont...), même si sa Ballade des Pendus est
plus dans la lignée chrétienne.


L'enluminure (sans doute Héloise) et Brassens ont  enchanté ma lecture.


Merci, une fois de plus, Mimi, pour ce poème et à jeudi poétique prochain...


 Bien amicalement, Etienne.

Mimi des Plaisirs 26/09/2012 22:06



Villon est très moderne  et je trouve que sa manière d'aborder les grandes et éternelles questions métaphysiques est d'une grande simplicité et limpidité: tout est dit, tout est posé sur
notre misérable condition.  Vanité des vanités aussi...
 J'ai voulu Héloïse  effectivement: je pense que c'est elle dans l'enluminure.
 Toutes mes amitiés, Etienne.



tipanda 20/09/2012 23:58


Ah, ce François Villon ! Sublime poète maudit mais coupable d'erreurs. Sa "bonne lorraine"a popularisé une idée fausse encore répandue à ce jour. Non, Jeanne d'Arc ne vivait pas en
Lorraine mais en Champagne. Quant-à Alcibiade qu'on a pris pour une femme pendant une grande part du Moyen Âge, c'était évidemment un très bel homme qui en voulait beaucoup à Socrate d'avoir
repoussé ses avances.


Mais Villon et Brassens unis nous ont concocté une chanson si belle qu'on lui pardonne toutes les erreurs.

Mimi des Plaisirs 26/09/2012 22:14



Toujours aussi calée et précise Tipanda! Merci pour toutes ces précisions. Pour Jeanne d'Arc, je crois que je l'ai su, mais je l'avais oublié. Quant à Alcibiade, depuis des années j'ai un livre
dans ma bibliothèque qui a son nom pour titre,mais je ne l'ai pas encore lu. Ce que tu me dis m'incite à le rechercher.
 A bientôt.



Catherine 20/09/2012 23:00


C'est marrant, il a une voix un peu plus aiguë avec cette chanson.


Bonne fin de semaine, Mimi, et à Fil de Soie aussi (j'espère qu'il peut un peu se reposer ).

Mimi des Plaisirs 26/09/2012 22:10



Je pense que l'enregistrement choisi est un des plus anciens de Brassens: sa voix n'était pas encore "mûre"...



Philisine Cave 20/09/2012 20:24


Un poème magnifié par la voix de Brassens et sa mise en perspective musicale. Je l'aime beaucoup. Merci pour ce partage.

Mimi des Plaisirs 26/09/2012 22:09



Merci à toi  Philisine de ce message et de ce partage.  Entendre Brassens, c'est un peu comme donner la parole à Villon lui-même, mettre un pont entre les siècles.
 Belle fin de semaine et toute mon amitié.