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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 14:51

                soldats aube                          Roman traduit de l'anglais ( Afrique du Sud) par Robert Pépin
                                          Titre original: Dead at Daybreak
                           
               Editions du Seuil, janvier 2003 - ISBN: 2-7028-8091-6
                                            450 pages
                                           Edité depuis en collection Points- Seuil

                                           Déon Meyer: né à Paarl en 1958, Déon Meyer est un écrivain de langue afrikaans. Son enfance se passe dans une ville minière de la province du Nord-Ouest, il fait des études universitaires et du journalisme . Sa connaissance intime de ce pays donne à ses romans une toile de fond extrèmement précise et documentée.
 Ce livre est son deuxième roman et il s'illustre dans l'écriture de romans policiers se déroulant en Afrique du Sud. Il a reçu leGrand Prix de littérature policière en 2003 pour cet ouvrage.

 
   Le roman se déroule sur sept jours: du jeudi 6 juillet au jour J, le jeudi 13 juillet, chaque jour correspondant à une séries de chapitres numérotés jalonnant les étapes de l'action; on dirait les minutes d'un rapport de police, tant la rigueur de la construction narrative accompagne le lecteur dans les arcanes de cette affaire aux multiples ramifications  politiques, historiques, sociales et psychologiques. Le compte à rebours maintient un suspense de plus en plus angoissant dans une ambiance de plus en plus sanglante alors que l'énigme s'enrichit constamment d'éléments nouveaux.
 Les derniers chapitres reproduisent les interrogatoires et les révélations qui auront lieu lors du procès final, quelques jours plus tard et feront la lumière sur des histoires vieilles de plus de vingt ans, étroitement liées à l' Histoire mouvementée de l'Afrique du sud.
  Le récit de l'enquète policière est entrecoupé par  des chapitres  à la première personne: il s'agit d'une introspection exigeante, sans concession, du personnage principal, l'ex-policier "ZET" van Heerden, tombé très bas au début du roman. Voici l'incipit qui le met en scène:
 " Il se réveilla brutalement d'un sommeil détrempé d'alcool, ses côtes qui l'élançaient étant la première sensation consciente qui lui vint. Puis ce furent, là et là, son oeil et sa lèvre supérieure qui avaient enflé, l'odeur de moisi et de produits antiseptiques de la cellule, celle aigrelette, de son corps, et le goût salé du sang et de la bière rance dans sa bouche.
Et le soulagement."
Il tente de retrouver son passé, son enfance sensible, libre et artiste pour comprendre ce qu'il est devenu et exorciser ses démons intérieurs, son alcoolisme et sa déchéance actuelle. Fort compétent autrefois, un ami le recommande pour ses méthodes particulières , fondées sur l'observation et la psychologie, à une jeune avocate, Hope Beneke, au prénom hautement symbolique (espoir, en anglais). Il sera chargé de retrouver, en tant que "privé", un testament sans lequel Wilna van As, ne pourra hériter de son amant assassiné, un certain Johannès Jacobus Smit.
  Affaire simplissime, à première vue, mais les circonstances du meurtre (torture à la lampe à souder puis exécution d'une balle de M6 (ancienne arme de combat) ,dans la nuque...) et le pillage du coffre fort qui aurait contenu une fortune en dollars US, entraînent l'inspecteur à démêler les fils inextricables d'une toile d'araignée terriblement serrée. Sa méthode consiste , entre autres "trucs", à se mettre dans la peau de l'assassin et à reconstituer l'enchaînement "logique" des gestes ou des décisions à partir des faits: il ouvre ainsi des abîmes  de perversité. Ceux qui s'y agitent sont capables d'une violence extrême et ne reculent devant aucune atrocité. Les morts sanglantes s'accumulent sur ces sept jours avec régularité et carnages.
  Le passé "Zet" est lourd lui aussi de traumatismes et de culpabilité.
  Ces deux  recherches finiront par se recouper, rendant l'histoire encore plus palpitante.
  Un univers plutôt sombre, où l'on s'enfonce dans le glauque, le sordide et la folie, mais où par moments, soit le souvenir de jours heureux, soit de brèves éclaircies dans le quotidien donnent au lecteur l'impression que l'on pourra sortir de cette spirale. L'évolution de van Heerden vers une plus grande confiance en lui,  vers un équilibre intérieur et une sensibilité assumée, l'influence positive et la présence lumineuse de Hope, la forte personnalité de la mère , l'amitié virile des anciens  collègues contrebalancent la noirceur des composantes de l'enquête et la lie qu'elle décèle au fond de cette histoire.

  Approche intéressante des difficultés de L'Afrique du sud , prise dans la tourmente des partis, des influences mondiales et des conflits raciaux, des années 1971  à la fin du vingtième siècle.
   Importance des médias, des journalistes, de la propagande.
  Réflexion  sur le processus qui conduit au racisme, à celui qui conduit à le remettre en cause, à trouver indigne de l'humain, l'apartheid, importance de Nelson Mandela.
  Eclairage sur les coulisses de l'Histoire et des histoires individuelles...Plongée dans la complexité des réaction humaines.
  Tous ces aspects rendent plus fort encore ce roman à l'intrigue policière passionnante


Ce roman africaans de Déon Meyer est le second lu dans le cadre du Défi "Littérature policière sur les cinq continents". 
                                                       litterature policiere


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Published by Mimi des Plaisirs - dans littérature
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commentaires

Nico 31/10/2010 21:02



J'ai également beaucoup aimé ce roman: style fluide, construction originale, personnage attachant. Le seul défaut (qui n'en est pas vraiment un), c'est que le roman n'est pas assez
"sud-africain": globalement le texte aurait pu se dérouler dans un autre pays, si l'on excepte les quelques évocations de l'apartheid. Personnellement, cela ne m'a pas dérangé: j'ai vraiment
adoré ce roman.



Mimi des Plaisirs 31/10/2010 22:24



Je suis ravie d'avoir un autre lecteur qui partage le plaisir de cette lecture de Déon: je trouve ce roman réussi et il m'a beaucoup appris sur l'histoire des influences politiques et des enjeux
économiques mondiaux, même si j'ai trouvé que ce n'étaient pas les meilleures pages du roman. Je m'y perdais un peu... et j'avais envie parfois d'accélérer la lecture.
A part ça, ce fut une belle découverte!



Gourmandise 10/09/2010 20:03



Ton analyse de l'oeuvre me donne envie de lire cet ouvrage qui a priori ne m'attirait pas. La 1ère de couverture y était pour beaucoup.



Mimi des Plaisirs 10/09/2010 20:38



Merci de ton compliment: je suis contente que l'article te donne envie de lire le roman: je crois que tu ne le regretteras pas!
Bonne lecture et tiens-moi au courant de tes impressions.



Catherine 09/09/2010 22:46



Bonjour Mimi, ta note de lecture (excellente) sera sur le blog du défi demain (10 septembre). Bonne continuation du défi !



Mimi des Plaisirs 10/09/2010 20:23



Merci Catherine. Je vais changer un peu de genre, lire plus détendu, pendant cette semaine: j'en ai deux assez tentants qui m'attendent.
Bon week-end!



Richard 07/09/2010 12:49



Je me rappelle avoir beaucoup aimé ce roman ...


Un retour à cet auteur s'impose. Je devrais me lancer dans "Lemmer l'invisible" ... d'ici Noël ...


Oups !


Amitiés



Mimi des Plaisirs 08/09/2010 21:46



Bonne lecture du petit dernier de Déon Meyer...Mais arriveras-tu à tenir le cap avec tant de livres à lire?