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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 00:00

2012: Les Jeux Olympiques .
  Les Grands Jeux  depuis la Grèce ancienne, quelques jours pour  dépasser les dissensions perpétuelles et affirmer la  grandeur et les valeurs de l'humain. Celles de l'athlète seul, beau dans l'effort et le surpassement de soi et celles de la solidarité sportive, l'esprit d'équipe.
  Une façon de les célébrer par la voix des poètes ici.

 D'abord, vu par le poète parnassien José-Maria de Heredia, voici l'athlète magnifié,  véritable bronze antique animé d'une incroyable vie.
          
                       Le Coureur

  Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant,
  Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
  Tel Ladas court encor sur le socle qu'il foule
  D'un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent.

  Le bras tendu, l'oeil fixe et le torse en avant, tete-d-athlete.jpg

  Une sueur d'airain à son front perle et coule;
  On dirait que l'athlète a jailli hors du moule,
  Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant.
 
  Il palpite, il frémit d'espérance et de fièvre,
  Son front halète, l'air qu'il fend manque à sa lèvre
  Et l'efffort fait jaillir ses muscles de métal;

  L'irrésistible élan de la course l'entraîne
  Et, passant par dessus son propre piédestal,
  Vers la palme et le but il va fuir dans l'arène.                         Musée de Naples
  
            José-Maria de Heredia (1842-1905)
                        Les Trophées-1893

  les-coureurs.jpgBronze d'Edouard Drouot 189...

  Et voici le poème en prose de Henry de Montherlant publié dans le  recueil Les Olympiques qui exalte l'entente secrète des coureurs unis dans la même tension de la course.

                 Amis par la foulée

  Nous avons couru côte à côte, deux beaux chevaux à un même char.

  J'avais la foulée qui enfonce, ma foulée de chargeur de bataille.

  Les deux souffles partaient à la fois: une seule vapeur d'une seule machine.
  Quand nous avons accéléré, j'ai eu tant de plaisir que j'ai souri.

  La vitesse montait en nous comme de l'eau dans un conduit.
  Dans les virages inclinés, j'étais un peu appuyé sur lui.
  Ralentir avec la même décroissance a une douceur qui vous clôt les yeux.
  O mort exquise du mouvement, quand le buste tire sur lui comme des rènes,
  Quand les bras s'abaissent et pendent comme dans la bonace des voiles retombées.
  Pour les Chinois, d'un accord d'instruments naissait entre les musiciens une sympathie.
  Comme nous disons: amis de collège, ils disaient d'un mot: amis par la musique.
  Quel mot pour ceux qui ont couru ensemble dans l'accord de la foulée?

        Henry de Montherlant (1896-1972)
                                    Les Olympiques (1924 et 1938)
 

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Published by Mimi des Plaisirs - dans littérature
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commentaires

tipanda 05/08/2012 23:56


L'athlète antique concourait pour une couronne de laurier et une ode qu'un poète écrivait à la gloire du vainqueur. On en reste rêveur...


Amitiés.

Mimi des Plaisirs 09/08/2012 19:24



Y-a-t-il encore des poètes pour chanter les exploits des athlètes?...
 Il parait que la médaille en or pèse lourd, mais à mes yeux, elle représente surtout le poids des efforts surhumains et des sacrifices...
 Amitiés et profite de l'été.



Etienne 03/08/2012 08:49


Un jeudi-poétique qui me ravit  et me permet d'enrichir, une fois de plus, mon anthologie "personnelle"... Si je connaissais le poème d'Hérédia pour l'avoir appris en 4ème  ou
3ème,  j'ai découvert le superbe texte  de Montherlant et j'ai trouvé saisissant  le rapprochemment avec les athlètes  de notre époque : à la vision plastique très moderne
d'Hérédia ( on songe à toutes les combinaisons qui chamarrent les stades, aux  cadrages télévisuels des exploits qui magnifient l'effort comme le buste de Naples ), je préfère et de loin,la
vision idéalisée d' "Amis par la foulée ", tout en finesse d'écriture, en images et en purification du sens de la compétition, au-delà des records: quel beau texte!,opportunément illustré par le
bronze de Drouot!!!


  Merci, Mimi, et à jeudi prochain,je l'espère... Amitiés, Etienne;

Mimi des Plaisirs 09/08/2012 19:11



Pour ma part, je préfére aussi le texte de Montherlant. Ma première idée était d'ailleurs de le publier seul, mais Hérédia était dans la droite ligne des JO et de l'épreuve reine, alors, j'ai
choisi la confrontation des auteurs, deux sensibilités différentes.
 La vision du sport d'aujourd'hui à travers les images, les gros plans sur le corps en plein effort, les visages qui expriment les émotions, le son , tout cela magnifie ces Jeux immémoriaux.
Si on fait abstraction des commentaires parfois pesants, c'est superbe et plein de poésie.
 amicalement.
 Mimi.



Catherine 02/08/2012 18:42


Honneur au sport donc , et à la poésie

Mimi des Plaisirs 09/08/2012 19:04



Belles semaines de beautés sportives, n'est-ce-pas?
 Je ne sais pas encore si Lavillenie a gagné l'or à la perche...( C'est un gars de chez nous...)